Dans la ville la foule gronde : "Exterminez les rats." Le Ministre sait fort bien que les rats ne font rien de mal, mais il sait aussi que sa réélection dépend de la foule. Il lui sacrifiera donc les rats. Un musicien sans nez et sans oreilles lui offre ses services contre de l'argent. Marché conclu. Les rats, ensorcelés par la musique du monstre, se précipitent dans le brasier qui borde le monde. Le Ministre est réélu, le musicien réclame son argent. Si tout était si simple. Ce texte est un livret d'opéra. Mais sa densité poétique, philosophique et politique en fait un texte à part entière, qui se soutient sans la musique.