La pièce se heurte brutalement au drame des émigrés clandestins qui meurent chaque année en essayant de traverser le détroit de Gibraltar sur des embarcations misérables. La force d'Angelica Liddell est de livrer le point de vue de ceux qui voient s'échouer ces cadavres sur les plages du sud de l'Espagne, là ou les touristes se dorent au soleil. En prenant les mots à bras-le-corps, en les répétant pour faire jaillir le sens, l'auteur délivre un texte sans concession aux règles de la bienséance, et transforme le fait-divers en écriture de la souffrance et du dégoût.